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Clinique du Parc - Lyon (France)    Cyphose idiopathique

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Cyphose idiopathique
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CYPHOSE IDIOPATHIQUE ENTITÉ PATHOLOGIQUE

PAR  J.-C. de MAUROY, P. STAGNARA

Existe-t-il une cyphose idiopathique qui serait l'équivalent dans le plan sagittal de ce que la scoliose idiopathique est dans le plan frontal ?

Ce serait alors une cyphose dont l'aggravation se ferait pendant la croissance, et son évolution suivrait le schéma établi par Madame Duval Beaupère pour les scolioses idiopathiques. Mais, pour les cyphoses, le problème d'identification est beaucoup plus complexe. Pour une scoliose, la ligne droite est la normale. Dans le plan sagittal, il y a des courbures physiologiques jouxtant les limites indécises qui vont cerner la cyphose idiopathique. Il faut donc commencer par l'étude critique de la normale.

Cyphoses physiologiques. - Le travail de G. Gonon et de J.-C. de Mauroy montre que, pour la région dorsale, l'angulation moyenne est de l'ordre de 35° mais que l'écart type est déjà important : de l'ordre de 10° en plus et en moins. Des cyphoses plus importantes, de l'ordre de 60°, sont découvertes chez des sujets athlétiques.

Cyphoses constitutionnelles. - Par ailleurs, il y a des familles à dos ronds. Les enfants reproduisent l'hérédité paternelle ou maternelle ou encore, plus largement, une hérédité géographique plutôt que raciale : témoin, cette jeune fille méditerranéenne dont les courbures sont nettement plus accentuées que celles de la population témoin que nous avons étudiée.

Cyphoses par maladie de Scheuermann. - Même lorsqu'il s'agit de cyphoses lésionnelles, les limites sont difficiles. Fauchet nous a exposé comment on pouvait identifier la maladie de Scheuermann mais, de proche en proche, on arrive à se demander si la totalité de l'espèce humaine n'est pas affectée de ces anomalies lorsqu'on recherche avec soin des altérations fibrillaires des plateaux vertébraux. A ce stade, il y a donc abus à parler de maladie, et il faut peut être rechercher des critères plus raisonnables avant d'élargir à l'excès le champ de Scheuermann.
Il paraît tout à fait banal de constater des irrégularités au moment de l'ossification des zones cartilagineuses. Que ce soit pour la crête iliaque, que nous connaissons bien, ou pour le toit du cotyle, il ne vient à l'idée de personne d'attribuer à une maladie les irrégularités qui apparaissent au cours de cette ossification.
Lorsque sans traitement, après une période où les images radiologiques vertébrales ont été un peu variables, l'ossification des corps vertébraux aboutit à une pièce correspondant aux critères anatomiques, je proposerais de ne pas attribuer à la dysplasie de Scheuermann ces images transitoires.
Scheuermann se réfère aux lésions décrites par H. Virchow sur des sujets noirs australiens, ce sont manifestement des lésions avec altérations permanentes de la morphologie osseuse.
Lorsque nous avons revu les dossiers des cyphoses traitées orthopédiquement ou chirurgicalement, nous nous sommes aperçus que, dans plusieurs cas, les lésions radiologiques sur clichés standards ou topographiques étaient au moins discutables. Pour certains cas, elles étaient nulles et c'est ce qui nous a conduit à l'identification de la cyphose idiopathique.

Cyphoses dysplasiques. - Enfin, dans certains cas d'histo-dysplasie, les sujets ont des cyphoses régulières sans altération des plateaux vertébraux c'est l'habitus général qui permet au cours de la croissance d'identifier les syndromes dysplasiques... Dans quelques cas assez rares, la maladie de Marfan peut donner des cyphoses progressives accentuées pais, le plus souvent, l'évolution se fait vers l'inversion vertébrale.

Cyphoses idiopathiques. - Ayant cerné leur territoire, nous pouvons présenter quelques exemples de l'affection

Sujet masculin, 13 ans 10 mois : listel 2 : cyphose 40°. 5 pois plus tard 47". 1 an plus tard : 56°. La récapitulation radiologique montre une accentuation de la cyphose de 16° en moins d'un an, au début de la poussée pubertaire.

Sujet féminin, 11 ans 6 mois : cyphose 31 ". La tomographie ne montre pas de lésions de Scheuermann. A 12 ans 4 mois, l'angle n'a pas changé, toujours 32° (fig. 1). A 15 ans 4 mois, soit 3 ans plus tard, avec une ossification des listels à l'indice 4 : 63' (fig. 2). La récapitulation radiologique montre bien la poussée évolutive au moment de la période pubertaire. La morphologie du sujet, à la fin de la période évolutive, montre l'importance de la cyphose.

Un garçon de 15 ans avait une cyphose de 60" déjà nettement excessive. En 10 mois, aggravation de 15". Chez ce garçon, avec une poussée pubertaire plus tardive que chez les filles, cette évolution rapide nous parait bien caractéristique de la cyphose idiopathique.

Dans cette première approche, nous considérons que cette cyphose idiopathique existe, qu'elle est nettement moins fréquente que les cyphoses par maladie de Scheuermann et que les scolioses idiopathiques.

Pour préciser l'identification de cette maladie déformante de la colonne vertébrale, il faudrait que nous puissions réunir de nombreux documents d'évolution spontanée.

En effet, comme nous ne laissons pas évoluer ces cyphoses, nous avons de nombreux documents de cyphoses excessives sans lésion de Scheuermann. Mais il y aurait un abus à classer tous ces cas dans les cyphoses idiopathiques, puisque l'étude de Gonon et de de Mauroy a montré que des sujets adultes parfaitement constitués s'accommodaient remarquablement de cyphose accentuée.

En conclusion, il importe au médecin de rééducation de surveiller attentivement l'évolution des cyphoses accentuées au moment de la période pubertaire, même lorsqu'il n'existe pas de lésion radiographique osseuse. Cette surveillance permettra une meilleure connaissance de cette entité et, dans certains cas, un traitement orthopédique entrepris à temps enrayera l'évolution.

RÉSUMÉ

Entre les cyphoses constitutionnelles, sans doute déterminés génétiquement, et les cyphoses lésionnelles, dues à la maladie de Scheuermann, il existe une cyphose progressive qui s'accentue surtout au moment de la puberté; son évolution est analogue à celle de la scoliose idiopathique. Présentation de quelques dossiers pour accréditer l'affection : cyphose idiopathique.

SUMMARY

Idiopathie kyphosis. - Between constitutional kyphoses, surely of hereditary origin, and Scheuermann's sequels kyphoses we identify a progressive kyphosis which gets worse specialy during the puberty; its evolution is compared to idiopathic scoliosis evolution. We show some documents to credit the idiopathic kyphosis.


Auteur : Dr Jean Claude de Mauroy (Médecine orthopédique)

Cette page a été mise à jour pour la dernière fois le : 27 janvier 2011

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