Centre Européen de la Colonne Vertébrale

Clinique du Parc - Lyon (France)    FAQ scoliose enfant

Accueil
Remonter
3D - 4D
Bipédie - Marche
Tensegrity
Théorie du chaos
Scoliose & Orthodontie
Bilan clinique
Bilan Radio
FAQ scoliose enfant
Traitement Orthop.
Lyon ARTbrace
Kinésithérapie
Actualités
Podologie
Scoliose adulte
Baleine Scoliose
Bibliographie
Citations
Sport


Ma fille se tient mal       

Qu'est-ce qu'une scoliose ?   

Comment reconnaître une scoliose ?   

Quelle est l'origine de la scoliose, hérédité ?    

Quelle est la fréquence de la scoliose ?   

Peut-on prévoir l'évolution d'une scoliose ?   

A quel âge évolue une scoliose ?   

Que faut-il faire quand on a constaté une scoliose chez un enfant ?    

Quand faut-il faire des radiographies ?    

Est-ce qu'une scoliose est douloureuse ?    

Faut-il traiter la scoliose ?   

La kinésithérapie spécifique peut-elle éviter l'aggravation de la scoliose ?   

En quoi consiste le traitement orthopédique conservateur ?     

Y a-t-il plusieurs conceptions dans le traitement de la scoliose par corset ?    

Quels sont les 2 éléments qui conditionnent la réussite d'un traitement par corset ?    

A quoi sert le plâtre ?   

Quand faut-il porter le corset ?   

Tous les corsets ont-ils les mêmes résultats ?   

Peut-on guérir une scoliose ?    

Le corset est-il esthétique ?    

En quoi consiste le traitement chirurgical ?   

Est-ce que toutes les scolioses doivent être opérées ?   

   


Ma fille se tient mal

L'adolescence induit de nombreuses modifications physiologiques dans l'organisme :

  • hypotonie de la musculature,

  • mauvaise représentation cérébrale du schéma corporel,

  • asymétrie favorisée par certains sports.

Il faut distinguer :

  • le paramorphisme, simple exagération naturelle de l'asymétrie du corps,

  • l'attitude scoliotique, compensation d'une inégalité de longueur des membres inférieurs, par exemple

  • la scoliose, véritable déformation structurale tridimensionnelle du rachis.


Qu'est ce qu'une scoliose ?

On désigne par scoliose une déviation latérale de la colonne vertébrale de plus de 10°.

La "scoliose structurale" est une déviation permanente tridimensionnelle de la colonne vertébrale. Dans 20 % des cas, elle apparaît dans le cadre d'une maladie connue dont elle est un des éléments du tableau clinique. Dans 80 % des cas, la scoliose structurale est idiopathique, c'est à dire qu'elle a son existence propre et n'est pas la conséquence d'une autre maladie.

La "scoliose idiopathique" n'est pas une maladie car nous n'en connaissons pas la cause, mais un symptôme. Elle atteint 7 fois sur 10 les filles.

 


Comment reconnaître une scoliose ?

Attention, la scoliose évolue habituellement sans douleur, de plus le dos est plus plat c'est à dire que l'enfant se tient plus droit que les autres.

  Tout le monde peut mettre en évidence une scoliose. Il suffit de mettre l'enfant torse et pieds nus, de le regarder de dos, et de lui demander de joindre les mains en avant et de se pencher. Lorsqu'il existe une asymétrie de part et d'autre de l'axe de la colonne, on parle de gibbosité et il faut montrer l'enfant au spécialiste pour un bilan plus approfondi.

Le test de flexion antérieure du tronc ou test d'Adams peut être effectué par les parents.


 Quelle est l'origine de la scoliose ?

  • Il existe de multiples autres facteurs : ligamentaires, musculaires, osseux, nerveux, conjonctifs ... si nombreux que nous ne pouvons pas identifier la cause réelle du déséquilibre de la colonne. On parle d'une origine multifactorielle.

  • Ces multiples facteurs sont héréditaires. Si l'un des parents a une scoliose, les risques sont 10 fois plus importants chez l'enfant, et il faudra être très attentifs spécialement durant la période de croissance pubertaire (11-13 ans chez les filles et  13-15 ans chez les garçons)

  • La Fondation Yves Cotrel pour la recherche en Pathologie Rachidienne finance la recherche de ces multiples et complexes facteurs :

    • Etude biomécanique de la déformation du corps vertébral et du disque

    • Modification des pressions discales et altération des cellules et de la matrice cellulaire au sein du disque

    • Etude à l'IRM des flux du liquide céphalo-rachidien

    • Etude génétique de plus de 200 familles scoliotiques

    • Perturbations de l'équilibre postural au niveau de l'oreille interne et des canaux semi-circulaires

    • Perturbations de la sécrétion et de la transmission de mélatonine

    • Relations entre œstrogènes et mélatonine

    Nous connaissons actuellement 2 gènes à l'origine de la scoliose. Le premier sur le chromosome 6 (GPR126), le second sur le chromosome 5 (POC5), mais 2 jumeaux monozygotes n'ont souvent pas la même scoliose, l'environnement dit "épigénétique" constitue 60 % du phénotye.

    Dans  cet exemple, deux jumelles monozygotes Chloe & Lorie présentent deux courbures lombaires d'angulation identique, l'une à droite et l'autre à gauche.


 Quelle est la fréquence de la scoliose ?

  • 4 % de la population présente une scoliose d'angulation supérieure à 10°

  • 0,4 % de la population présente une scoliose supérieure à 20° et peut justifier d'un traitement orthopédique conservateur

  • 0,2 % de la population présente une scoliose supérieure à 30°

  • 70 % des scolioses de plus de 20° concerne les filles

  • La fréquence de la scoliose est multipliée par 10 lorsque l'un des parents au premier degré présente une scoliose


Peut-on prévoir l'évolution d'une scoliose ?

Toutes les scolioses ne sont pas évolutives.

Il faut distinguer plusieurs phases.

  • PHASE 1 : moins de 25° en phase de croissance

L'évolution initiale d'une scoliose est du type chaotique. C'est à dire que pour un enfant que nous voyons en consultation avec une angulation de 20°, nous ne pouvons pas prévoir l'évolution de la scoliose. Il faut surveiller régulièrement tous les 6 mois entre 11 et 13 ans chez les filles.

  • PHASE 2 : plus de 25°  en phase de croissance

L'évolution de la scoliose est de type linéaire avec aggravation angulaire sans traitement prédominant en période pubertaire.

  • PHASE 3 : évolution linéaire osseuse à l'âge adulte

Tous les 7 ans s'effectue un renouvellement osseux complet. La stabilité dépend de la résistance osseuse de la concavité. Cette résistance est génétique, mais peut être améliorée par la pratique d'une activité sportive régulière. Les courants piézoélectriques de la musculature paravertébrale favorisent la fixation du calcium sur l'os.

  • PHASE 4 : évolution chaotique à l'âge adulte

La dislocation rotatoire est une complication affectant 2% des scolioses lombaires et thoracolombaires.

Elle est d'origine discale et sa survenue ne peut être ni prévisible, ni prévenue.


 A quel âge évolue une scoliose ?

Plus de 80 % des scolioses évoluent pendant la croissance pubertaire ascendante soit : 11-13 ans chez les filles et 13-15 ans chez le garçon. Ce sont les scolioses de l'adolescent.

La scoliose du nourrisson est habituellement positionnelle (durant la grossesse) et spontanément résolutive.

La scoliose infantile est une scoliose structurale qui débute avant l'âge de 3 ans. Elle doit être traitée précocement et parfois peut guérir.

La scoliose juvénile est une scoliose structurale découverte entre 3 et 11 ans. Le traitement est spécifique (orthèse de Milwaukee)

Certaines scolioses apparaissent à l'âge adulte, ce sont les scolioses de novo.


Que faut-il faire quand on a constaté une scoliose chez un enfant ?

  •  La première démarche est de consulter votre médecin référent. C'est lui qui fera le diagnostic de scoliose structurale idiopathique après avoir éliminé toutes les autres causes connues de scoliose structurale. Il vous conseillera :

    • soit une simple surveillance. La surveillance permet de dépister 100 % des scolioses évolutives.

    • soit kinésithérapie et surveillance

    • soit il vous confiera à un collègue spécialiste si l'on peut discuter un corset ou une intervention chirurgicale

     

  •  La deuxième démarche est d'examiner les frères et sœurs et rechercher si l'un des membres de la famille n'est pas atteint de scoliose.


Quand faut-il faire des radiographies ?

  •  Seule la radiographie permet de mettre en évidence une malformation congénitale ou d'autres étiologies associées à la scoliose. Elle est donc indispensable lors du premier bilan. Par la suite, elle apporte des informations sur la colonne vertébrale beaucoup plus précises que la topographie de surface.

     

  •  Actuellement la technologie ultra low dose d'EOS irradie 25 fois moins que la radiographie classique, ce qui correspond à une semaine d'irradiation naturelle terrestre. Mais attention, tous les systèmes EOS ne sont pas équipés de l'Ultra Low Dose et parfois, le diaphragme n'est pas utilisé pour obtenir des clichés de meilleure qualité...

  •  Par la suite l'utilisation de la radiologie ou la topographie de surface  peuvent se discuter. Si EOS ultra low dose est sur place, ce sera le moyen idéal de surveillance. Si l'on doit avoir recours à la radiologie classique, la topographie de surface peut être une solution.


Est-ce qu'une scoliose est douloureuse ?

  •  Durant l'enfance et l'adolescence la scoliose évolue sans douleur, ce qui peut retarder le diagnostic.

  •  En cas de douleur, il faut faire un examen plus poussé à la recherche d'une autre lésion de la colonne vertébrale, car il peut s'agir d'une scoliose accompagnant une pathologie vertébrale

  •  Chez l'adulte la douleur est plus fréquente du fait des complications dégénératives, mais comme chez l'enfant il faut tous les 7 ans à l'âge adulte réaliser un bilan, car la scoliose peut évoluer sans douleur.


Faut-il traiter la scoliose ?

  •  Le traitement de la scoliose évolutive (plus de 20° en période de croissance) se justifie dans la mesure où le traitement modifie de façon statistiquement significative l'histoire naturelle de la scoliose qui est relativement bien connue. Par ailleurs le traitement doit être acceptable par l'enfant et ne pas entraîner trop d'effets secondaires.

  •  Les traitements statistiquement significatifs sont :

    • L'observation qui dépiste 100 % des scolioses évolutives (plus de 5° d'évolution en au moins 6 mois)

    • Les exercices spécifiques de kinésithérapie adaptés à la scoliose

    • Les corsets ou orthèses

    • La chirurgie

  •  Les traitements non statistiquement significatifs sont :

    • les semelles et appareils orthodontiques,

    • la kinésithérapie générale, Pilates, yoga...

    • l'ostéopathie, la chiropraxie

    • la stimulation électrique

    • les régimes de supplémentation


La kinésithérapie spécifique peut-elle éviter l'aggravation de la scoliose ?

Si nous admettons la théorie du chaos, aucune technique de kinésithérapie ne peut éviter le "tremblement de terre" qu'est la scoliose. Par contre lorsque nous construisons sur une zone à risque, la construction sera "antisismique". La kinésithérapie de la scoliose est une construction antisismique destinée à atténuer les effets de l'éventuel tremblement de terre.

Cette rééducation sera adaptée en fonction de paramètres cliniques comme :

  • la rigidité de la colonne vertébrale ou des ceintures,

  • de l'équilibre proprioceptif,

  • de la qualité de la musculature,

  • du schéma corporel,

  • de la cyphose. 


En quoi consiste le Traitement Orthopédique Conservateur ?

Le Traitement Orthopédique Conservateur comporte deux temps :

  • Un premier temps de réduction par 1 ou 2 corsets plâtrés fixes

  • Un deuxième temps de contention par un corset amovible ou orthèse du tronc.


Y a-t-il plusieurs conceptions dans le traitement de la scoliose par corset ?

Deus grandes stratégies existent :

  •  La stratégie du "step by step". Elle repose sur l'efficacité des différents traitements qui ont été évalués. A petite angulation petit traitement, En cas d'échec, on utilisera un traitement un peu plus efficace, jusqu'à éventuellement la chirurgie. Le risque est la culture de l'échec.

 

  •  La stratégie du "The best or nothing". Elle repose sur l'utilisation d'emblée du corset le plus efficace possible en terme de réductibilité en corset. Pour une angulation faible, le corset sera porté moins longtemps dans la journée, ce qui va dans le sens de l'amélioration de la co mpliance.


 

A quoi sert le plâtre ?

  • Le plâtre permet une tension continue des éléments musculo-ligamentaires de la concavité pendant un minimum de 4 semaines. Cette tension continue réalise un fluage, c'est à dire une modification réelle de la longueur des ligaments. Le simple fait de retirer le corset 1 heure par jour pour la toilette fait que l'on reste au niveau de l'élasticité du ligament sans modification de sa longueur.

  • Comme pour une fracture, il faut réduire la déformation avant de l'enraidir en corset. Le plâtre va enraidir la colonne vertébrale dans une position de correction maximale.

  Réalisation d'un corset plâtré en cadre d'abbott

 

  • Le modelage obtenu par le plâtre permet un meilleur moulage lors de la fabrication du corset.

  • Le plâtre permet à la peau de s'habituer à la pression et l'orthèse est beaucoup mieux tolérée par la suite.

 


Quand faut-il porter le corset ?

Il existe plusieurs protocoles de port du corset en fonction de l'importance de l'angulation et du type de le scoliose.

le corset est porté au minimum la nuit, car :

- la croissance s'effectue pendant la nuit,

- il existe durant le sommeil des phases de relaxation rendant le corset plus efficace (un peu comme sous anesthésie générale),

- le corset évite une mauvaise position durant le sommeil

le corset est porté le plus souvent en position assise scolaire, car c'est en position assise que les pressions sont maximales au niveau du corps vertébral fragile

le corset est porté au maximum 23 h/24, il sera alors enlevé au moins 1 heure par jour pour la toilette de la peau. Il peut toutefois être enlevé sans limitation de durée pour la pratique du sport, car il y a moins de risque de déformation du corps vertébral lorsque la musculature est en activité.


Tous les corsets ont-ils le même résultat ?

Non bien sur,

Le corset de Milwaukee est très efficace avant la croissance pubertaire, il perd de son efficacité lorsque la colonne vertébrale s'enraidit en  croissance pubertaire.

Un corset non réglable en période de croissance sera très vite désadapté.

Un corset précédé d'un plâtre sera plus efficace, car le moulage sera réalisé sur un rachis étiré et un tronc modelé.

Le plus important reste le respect du protocole qui a été fixé par le médecin.


Peut-on guérir une scoliose évolutive de plus de 25° ?

OUI, si la scoliose évolue chez un enfant très jeune, car il reste une forte activité du cartilage de croissance qui va pouvoir modifier la forme du corps vertébral.

OUI, si l'angulation mesurée ne s'accompagne pas d'une déformation du corps vertébral (inflexion discale ou ligamentaire).

Ces cas sont très rares, et la plupart du temps en période de croissance pubertaire, la plaque de croissance du corps vertébral n'est pas assez active et globalement on va stabiliser et enraidir la scoliose au niveau de l'angulation initiale. C'est pourquoi nous insistons sur le traitement précoce. Il vaut mieux stabiliser une scoliose à 25° qu'à 45°.

A noter que la chirurgie par voie postérieure ne modifie pas plus la forme du corps vertébral.


Le corset est-il esthétique ?

De gros progrès ont été réalisés pour que les corsets se voient le moins possible.

En 2000 le défilé de mode de Galliano comportait une robe avec un corset. On peut donc être très à la mode avec un corset et l'on peut montrer cette photo à ceux qui font des remarques. (cliquer sur la miniature et imprimer)

Pour les tous petits, on peut utiliser des transferts sur le polyéthylène, il suffit de le demander au moment du moulage.

Lorsque la croissance est finie, on peut parfois utiliser des corsets non réglables, mais beaucoup plus minces, légers et près du corps.


En quoi consiste le traitement chirurgical ?

Il consiste à souder entre elles les vertèbres de la courbure scoliotique dans la meilleure position de correction (arthrodèse).

Les techniques chirurgicales ont fait beaucoup de progrès pour réduire les durées d'hospitalisation et augmenter l'efficacité de la correction.


Est-ce que toutes les scolioses doivent être opérées ?

Non, car toutes n'entraînent pas de troubles respiratoires ou douloureux importants. Globalement en dessous de 70°, il n'existe pas de répercussion respiratoire et douloureuse de la scoliose, les indications seront sélectives, surtout si la zone lombaire de mobilité doit être inclue dans l'arthrodèse.


 

 

  Rachis et théorie du chaos (scoliose, lombalgie) Diaporama


BILAN DU RACHIS

page spécialisée

 

 

 


 

 page d'information spécialisée


 


Auteur : Dr Jean Claude de Mauroy (Médecine Orthopédique)

Cette page a été mise à jour pour la dernière fois le : 19 juillet 2015

"Conflit d’intérêts : l’auteur n’a pas transmis de conflit d’intérêts concernant les données diffusées publiées dans cette page"


Accueil ] Remonter ]
Nous adhérons aux principes de la charte HONcode de HON  Centre Européen de la Colonne Vertébrale - Lyon - Webmaster : Dr. Jean Claude de MAUROY   
  Site infos
  Le site a été mis à jour pour la dernière fois le : 28 octobre 2016